La course aux batteries électriques : quelles ambitions pour l’Europe?

L’Ifri (institut français des relations internationales) a publié en juillet 2017 une étude sur le marché des batteries électriques dans le monde.

Face au changement climatique, l’électricité est l’énergie de l’avenir, principalement celle issue des énergies renouvelables. Cependant la production d’électricité par ces moyens dépend des conditions météorologiques donc elle doit être stockée pour être redistribuée selon les besoins. Ainsi les batteries électriques permettent d’un côté de satisfaire les demandes même si les moyens de productions électriques (panneaux photovoltaïques, éoliennes) sont à l’arrêt. D’un autre côté les batteries permettent de mettre en avant les véhicules électriques qui sont l’alternative décarbonée des véhicules thermiques dont des pays engagés dans la lutte contre le changement climatique veulent arrêter la production. Pour ces pays là, le stockage par batterie électrique est donc un enjeu stratégique et industriel.

Le marché des batteries électriques

En 1800 Alessandro Volta invente la première pile électrique. Après de nombreuses innovations au cours des siècles, la première batterie au lithium-ion est commercialisée en 1991 par Sony. Cette batterie est notamment utilisée dans les ordinateurs portables, les smartphones et les véhicules électriques et hybrides. Ces derniers ont connu un tremplin ces dernières années et sont passés de quelques milliers de ventes en 2010 à 750 000 en 2016 dans le monde.

Le stockage stationnaire est aussi un domaine en développement. Il permet de stocker de l’énergie produit par les énergies renouvelables pour être redistribuée en fonction des besoins. Les batteries au lithium-ion sont adaptées à des usages journaliers comme leur stockage va de la fraction de seconde à quelques heures. Dans certains pays, l’installation d’une batterie de stockage est soutenue, c’est le cas de l’Allemagne avec des prêts à taux avantageux et une aide à l’investissement de 30% par la banque publique d’investissement.

Dans le domaine de l’automobile, des constructeurs produisent eux mêmes leurs batteries pour maîtriser les éléments des véhicules et éviter des pénuries. C’est le cas de l’Américain Tesla. D’autres comme General Motors laisse cette fabrication à des entreprises dédiées aux batteries. Le marché des batteries électriques se concentre principalement sur les véhicules électriques car c’est un domaine en plein essor. Les pays développent des stratégies pour mettre en avant leurs produits.

Les politiques des pays

Pour certains pays comme le Japon et la Corée du Sud l’objectif du développement des batteries est d’encourager leurs grands groupes comme Panasonic et NGK Insulators pour le Japon et Samsung SDI et LG Chem pour la Corée-du-sud afin d’augmenter leur nombre de clients au-delà des acheteurs de smartphones. Pour le Japon, l’essor du stockage stationnaire permettrait de répondre à leur engagement de développement des énergies renouvelables suite à la baisse de production nucléaire et à la catastrophe de Fukushima. Le pays propose des subventions pour l’installation de batteries et le Ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie du Japon  à publié une « stratégie batterie » donnant aux entreprises l’objectif de couvrir 50% du marché mondial du stockage stationnaire pour 2020.

La Chine de son côté, se lance dans la production de véhicules électriques. Elle représente la moitié de la production mondiale et son chiffre de ventes augmente chaque année. La mise en vente de véhicules électriques sur le territoire chinois permettrait de réduire les problèmes de la pollution et la consommation de pétrole du pays. Afin de diminuer la concurrence, le ministère de l’Industrie prévoit de multiplier par 40 le minimum de production des entreprises chinoises.

Aux États-Unis, la vente de véhicules électriques est subventionnée par crédit d’impôt fédéral de 7 500 dollars avec d’autres aides supplémentaires suivants les États. Le gouvernement fédéral a aussi mis en place depuis 2011 différentes réglementations pour encourager la mise en vente des batteries électriques dans différents marchés.

Ces trois pays ont conscience des enjeux stratégiques des marchés des batteries à la fois pour l’environnement mais aussi pour l’économie.

Les stratégies de l’Europe

En Europe, les compagnies énergétiques et les constructeurs automobiles sont reconnus mondialement et peuvent permettre l’essor d’une filière européenne des batteries.

Selon l’Ifri, des options industrielles s’offrent à l’Europe. La première serait de laisser la main à la production asiatique sur la fabrication de pièces de batteries. L’autre option serait d’investir sur la fabrication de l’ensemble des pièces des batteries. L’enjeu de sûreté est important et les matériaux pourraient être améliorer. Par ailleurs, la protection de l’environnement pourrait être mis en avant en améliorant la recyclabilité des batteries ou en garantissant un approvisionnement en électricité bas-carbone pour les usines fabriquant ces batteries.

L’Union Européenne encourage les États membres à développer le marché des véhicules électriques et à participer à l’intégration des batteries stockages dans le marché de l’énergie et de services du réseau électrique. L’enjeu est de montrer que cette technologie est une passerelle entre le secteur de l’énergie et du transport. En France, Avère France, l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique  propose notamment une prime pour entreprises et résidences collectives pour les aider dans l’achat des fournitures et l’installation de points de recharge afin de favoriser l’achat de véhicules électriques.

La course aux batteries est avantageuse d’un point de vu environnemental et montre l’intérêt des pays à vouloir réduire leurs émissions de carbone. L’avenir se trouve dans la mobilité électrique et les énergies renouvelables créant des opportunités commerciales pour les entreprises. Ainsi l’Europe doit prendre conscience de la transition bas-carbone dans la dimension industrielle en prenant compte des démarches des autres pays et en s’alliant en partie sur leurs pratiques.

Si vous hésitez à passer d’un véhicule thermique à un véhicule électrique en raison des capacités des batteries, le Compte co2 répond à vos questions sur sa page dédiée à l’autonomie et au temps de recharge de ces véhicules d’avenir.