PrimesÉnergies.fr et le Compte CO2 s’associent pour vous faire bénéficier d’une Prime CO2 ! Inscrivez-vous et estimez gratuitement le montant de cette prime. Et avec le code promo PECOP21, gagnez tout de suite 200 kgCO2 !

Pourquoi donner un prix au CO2 ?

Certains peuvent encore se demander à quoi peut bien servir de fixer un prix à la tonne de CO2 évitée, qui est un des éléments fondamentaux du processus de compensation volontaire ou de réductions réelles du CO2.

La réponse à cette question est directement liée à l’impact qu’a le CO2 une fois qu’il se trouve dans l’atmosphère avec notamment ses conséquences sur le changement climatique.

L’impact de la production de l’énergie sur notre environnement

La production de l’énergie, dont l’usage est devenu primordiale dans nos sociétés modernes ne se fait pas sans certaines contreparties qui peuvent avoir un impact néfaste sur l’environnement. On parle alors d’externalités négatives.  Les exemples sont nombreux et diffèrent suivant les filières énergétiques étudiées.  A ce jour, il n’existe (hélas) pas encore de filière énergétique qui n’a aucun impact négatif (d’une manière ou d’une autre) sur son environnement !

Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) sont une manne énergétique importante et facilement exploitable. Pourtant, si l’on décompose en différentes étapes cette filière énergétique, on se rend compte des impacts qu’elle a sur l’être humain et son environnement.

Par exemple, l’extraction du charbon est dangereuses pour la santé des mineurs, et dénature l’environnement. La combustion de cette énergie fossile produit dans l’atmosphère de nombreux polluants comme les oxydes d’azote (NOx) ou de souffre (SOx). Cette combustion est aussi responsable de l’augmentation de concentration du CO2 dans l’atmopshère.

Par cet exemple, on voit que l’utilisation du charbon entraîne des externalités négatives qui ne sont pas prises en compte dans son prix de vente. Il faut donc pouvoir quantifier tous ces effets secondaires afin de pouvoir les intégrer dans le coût réel d’utilisation du charbon.

L’impact du CO2 émis par les énergies fossiles

Concentrons-nous maintenant uniquement sur les émissions de CO2. Par nature, la production d’énergie, quelque soit la filière employée, émet du CO2. Pour les filières renouvelables, ces émissions de CO2 sont dérisoires : ne sont pris en compte que les émissions de CO2 dues à la production des infrastructures de production.

Quel prix fixer au CO2 pour rentrer dans un cercle vertueux et éviter le pire ?Les énergies les plus émettrices de CO2 sont les énergies fossiles. La combustion de ces composés hautement carbonés – qui ont pris des millions d’années à se former – émet directement dans l’atmosphère du dioxyde de carbone. L’utilisation des énergies fossiles a débuté avec les deux révolutions industrielles (charbon puis pétrole et gaz naturel).

Les énergies fossiles sont les premières responsables dans l’augmentation de la concentration des émissions de CO2 d’origine anthropique dans l’atmosphère. Elles sont aussi omniprésentes dans nos vies, que ce soit pour se chauffer ou se déplacer.

Or, le CO2 a un impact direct sur le changement climatique. Les énergies fossiles que nous utilisons depuis près de deux cents ans modifient le climat et, jusqu’à maintenant, personne n’a pris en compte le coût de ce changement climatique dans l’utilisation que nous faisons de ces énergies fossiles.

Prix du carbone théorique

La théorie économique suggère qu’il faudrait un prix unique du carbone.
L’unicité du prix du carbone se justifie ainsi :

  • Pour atteindre un objectif au moindre coût collectif, il faut que tous les acteurs économiques soient confrontés au même bénéfice marginal de l’effort. (Econ101).
  • Prix du CO2 unique à travers le monde, tous usages, tous secteurs confondus. Simple, transparent, non manipulable, et efficace.
  • Limiter l’effort aux 5 pays les plus émetteurs multiplierait le coût collectif d’un facteur 3 (Nordhaus 2008).

Dans la réalité, on observe beaucoup de prix différents.

Quel est le prix aujourd’hui d’1kg de CO2 ?

Actuellement, il n’y a pas de prix fixe au kg de CO2. Le repère commun est celui fixé par le GIEC (Groupement Interministériel des Experts sur le Climat), qui a défini que la tonne de CO2 devait atteindre 100€ en 2030 si l’on souhaite limiter à 2°C le réchauffement climatique, soit 52,64€/tCO2 en 2014, avec une hausse de 4% par an, pour arriver à 100 € en 2030. C’est ce prix du carbone retenu par le Compte  CO2.

 Certains économistes prédisent ainsi un prix de 400 € par tonne en 2050. Les prix du carbone dépendent aussi des différents types de crédits CO2.

Les prix du carbone observés aujourd’hui

0€/ tCO2. Pour 75% des émissions Françaises (et 60% en Europe), le prix est nul puisqu’il n’y a pas de contrainte légale sur les émissions. En dehors des entreprises sous quotas de CO2, personne n’est obligé de payer pour ses émissions de CO2.

0.1€/ tCO2. Pour les crédits Kyoto ONU dits « Mécanismes de Développement Propre » ou MDP. Ces crédits s’échangent sur le marché du carbone européen. Leur prix est très inférieur du prix du quota EU car une entreprise ne peut pas assurer toute sa conformité réglementaire à partir de ces crédits (la quantité maximale de crédits MDP autorisés dépend du secteur d’activité, et varie autour de 15%). Il y a un excès de ces quotas en circulation, et certains sont désormais interdits (ceux en provenance de la Chine notamment) sur le marché Européen (conséquence des abus observés et dénoncés par certaines ONG, comme par exemple le WWF).

6€ / tCO2.Pour 25% des émissions Françaises (et 40% en Europe), le prix du carbone sur le marché EU-ETS (marché des quotas pour les entreprises sous quotas) s’est effondré à 2€/tonne (25€ en 2008/2009) avant de remonter autour de 7/8 €/t et de redescendre autour de 6 €. Ce prix résulte uniquement de la régulation imposée par la Commission Européenne. Il y a un excès de quotas en circulation (les lobbies et l’outil « quota » sont efficaces), et la commission a finalement réussi à retirer 900 millions de quotas, qui seront réinjectés entre 2018 et 2020 (opération connue sous le nom de « back loading »). L’EU-ETS est le seul « prix marché » du CO2.

Il faut citer le livre de Christian de Perthuis co-écrit avec deux économistes anglo-saxons, intitulé « le prix du carbone », qui donne une évaluation utile des politiques publiques mises en place et du prix du CO2 en résultant.

52,64€/tCO2 : le Compte CO2 par exemple se base sur ce repère pour fixer le prix de rachat du CO2 sur sa plate-forme en 2014 pour les ménages. Cette base, augmentée chaque année, suit les recommandations du GIEC, et permet d’atteindre 100 € par tonne en 2030.

85$ / tCO2. Nicolas Stern, dont le rapport fait référence, calcule la valeur actuelle nette du CO2 à 85$/tonne. Il indique que la dépense pour lutter contre le changement climatique doit aujourd’hui être de 1% du PIB par an jusqu’en 2050, et qu’à défaut le coût sera compris entre 5 à 20 % du PIB. Le « Vulnerability Report » de l’ONG DARA (septembre 2012) chiffre le coût de la lutte contre le changement climatique à 1.6% PIB en 2012, et estime qu’il attendra 3.2% du PIB en 2030. Les assureurs supportent déjà ces coûts et sont très au fait de l’économie du CO2. Swiss-Re publie des rapports intéressants sur le sujet par exemple.

100€/ tCO2. Le Working Group II du GIEC (les économistes), estime que pour rester sous la barre de 2°C (soit 450 ppm) d’ici à 2050, le prix du carbone doit atteindre 100€/t en 2030. C’est ce prix du carbone retenu par le Compte Épargne CO2.

146 €/ tCO2. En France, l’État incite les particuliers à réduire leur consommation d’énergie, notamment par le biais du Crédit Impôt Développement Durable rebaptisé en octobre 2014 CITE (Crédit Impôt Transition Energétique). Le Rapport interministériel pour le comité d’évaluation des dépenses fiscales et des niches sociales (Avril 2011) évalue le coût d’abattement du CO2 entre 97 à 146 € la tonne, avant d’ajouter « les résultats sont à considérés avec prudence tant l’exercice est délicat », puisque ces calculs sont issus de plusieurs modèles théoriques uniquement, et qu’un effet rebond jusqu’à 50% peut être observé.

500 €/ tCO2. En France, l’Etat donne un super bonus écologique de 10.000 € pour l’achat d’un véhicule électrique (VE) en remplacement d’un véhicule diesel. En moyenne, un véhicule électrique permet d’éviter 2 tCO2/an soit 20 tonnes sur les dix ans d’existence de la voiture. 10.000€/20 = 500 €/tCO2.

1.000 €/ tCO2. En France, les investissements prévus dans le schéma national des infrastructures de transport – routes, lignes ferroviaires, canaux – ont un coût pour la tonne de CO2 évitée qui dépasse le millier d’euros selon la Cour des comptes.

15.000 €/ tCO2. Pour le CO2 alimentaire, vendu dans des cartouches de recharge pour faire de l’eau gazeuse. Notons que la consommation industrielle (y compris alimentaire) de CO2 représente seulement 153.5 millions de tonnes de CO2 par an, c’est-à-dire 0.5% des émissions annuelles mondiales de CO2 (30 gigatonnes). Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que les niveaux de prix du CO2 diffèrent substantiellement.

Rectifier le tir avant qu’il ne soit trop tard

Le coût lié au réchauffement climatique est estimé à plusieurs dizaine de milliards de Dollars. Une des priorités de la lutte contre le changement climatique est de ne pas dépasser les fameux 2°C d’augmentation de température qui auraient des conséquences irrattrapables pour l’ensemble de l’humanité.

Cet objectif se traduit par une concentration de CO2 à ne pas dépasser dans l’atmosphère : 450 ppm. Pour ne pas dépasser cette concentration, il faut donc cesser d’utiliser aussi massivement les différentes énergies fossiles, ce qui correspond à un profond bouleversement pour chaque être humain de la planète.

La lutte contre le changement climatique passe donc par différents plans d’actions : rénovation thermique des bâtiments, régulation ou abandon des moteurs thermiques, programme de captation du carbone (reforestation) etc. Tout ceci a bien évidemment un coût, d’où l’idée de donner un prix à la tonne de CO2 évitée !

Donner un coût à la tonne de CO2 est donc un moyen de financer la transition vers une société bas-carbone.